LIBERTÉ PÉDAGOGIQUE

Publié le 2 juillet 2026 à 11:42
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La liberté pédagogique ça vous parle? Personnellement quand j’ai commencé le métier c’était une notion assez vague pour moi. 

Cette liberté, inscrite au code de l’Éducation, permet à chaque enseignant.e de choisir les méthodes qu’iel souhaite afin d’enseigner sa matière à partir du moment où les programmes de l’éducation nationale sont respectés.

“ La liberté pédagogique de l'enseignant s'exerce dans le respect des programmes et des instructions du ministre chargé de l'éducation nationale et dans le cadre du projet d'école ou d'établissement avec le conseil et sous le contrôle des membres des corps d'inspection.” Article L912-1-1

Nous sommes donc libres de choisir les méthodes d’apprentissage et les médiations que l’on souhaite mettre en œuvre pour faire travailler et progresser nos élèves. 

On décide de la fréquence de nos évaluations, du nombre de notes que l’on attribue par trimestre, du barème. On peut même décider de ne pas mettre de note et d’évaluer uniquement par compétences. (acquises ou non acquises).  

Nous sommes également libres par exemple de proposer une deuxième chance si une évaluation n’a pas été réussie, et ensuite de décider si on garde les deux notes ou seulement la meilleure .

🫖Mon expérience : je suis prof d’anglais, dans le but d’inciter les élèves à pratiquer la langue je pourrais donc décider de mettre une note de participation orale. Hors, dans un souci d’équité, je préfère ne pas le faire. En effet, certain.es élèves ont des difficultés à s’exprimer devant la classe, d’autant plus dans une langue étrangère. Je ne veux pas les pénaliser pour cela. En revanche, mes appréciations trimestrielles comportent toujours une remarque sur la participation en classe pour valoriser celleux qui prennent la parole régulièrement.
Par ailleurs, pour être honnête, mettre une note de participation demande une sacrée organisation et instaure une certaine compétition entre les élèves dès qu’il s’agit de répondre à une question. Je préfère mettre mon énergie ailleurs.
Il m’est déjà arrivé de noter la participation et de garder la note uniquement si elle valorisait la moyenne du trimestre. 

La liberté pédagogique peut également porter sur l’organisation du travail en classe : groupes, binômes, ilôts bonifiés, de l’écrit, de l’oral. On peut décider de l’ordre dans lequel on souhaite aborder les notions au programme, est-ce qu’on fait chapitre après chapitre, est-ce qu’on monte un projet sur l’année scolaire entière ? Est-ce que je m’en tiens au classique “cours en classe et exercice à la maison”, ou est-ce que je décide de faire de la classe inversée ? 

🫖Mon expérience : j’adorerais travailler en îlots mais à 38 par classe et n’ayant pas de salle à titrer c’est compliqué. Cependant je fais un maximum de cours où on ne fait quasiment que de l’oral, les élèves aiment beaucoup ça généralement. Cela perturbe certains parents car cela ne laisse pas beaucoup de trace dans le cahier mais tant pis, une langue vivante ça se passe aussi et surtout à l’oral !

Une autre question que l’on peut se poser : est-ce que je donne des devoirs à faire à la maison ou est-ce que j’y renonce ?

🫖Mon expérience : pour ce qui est des devoirs à la maison, j’en donne très rarement. Certain.es élèves ont des conditions favorables qui leur permettent de travailler après l’école, d’autres pas (et ce pour plein de raisons diverses et hors de leur contrôle). Encore une fois, dans un souci d’équité, je préfère ne pas en donner.
Je trouve aussi que devoir vérifier en début d’heure si le travail a été fait et éventuellement sanctionner si ce n’est pas le cas est une perte de temps, cela n’apporte rien sur le plan pédagogique. D’autant plus de nos jours avec l’IA, je préfère que le travail soit fait en classe !

Grâce à la liberté pédagogique on peut aussi décider de rester seul à enseigner notre matière ou de faire de l'interdisciplinarité : travailler sur un projet avec une ou plusieurs autres matières.

🫖Mon expérience : cela peut être très stimulant sauf quand cela est imposé (ça vous dit quelque chose les EPI ?). Je trouve que malheureusement on manque généralement de temps pour se concerter et monter de tels projets, ou alors il faut prendre sur notre temps libre. 

En conclusion, la liberté pédagogique permet à chaque prof de fournir un enseignement qui lui ressemble et dans lequel iel se sent à l’aise. Cela permet aussi de s’adapter au type d’élève et de classe que l’on a. En effet, il sera difficile d’appliquer les mêmes méthodes avec une classe de 20 élèves ou avec une classe de 40, de la même manière qu’une classe globalement en difficulté nécessitera des méthodes différentes d’une classe où les compétences sont correctement maîtrisées. 

Tout cela nécessite cependant de jongler avec les attendus du programme, les instructions du ministère et les directives du corps d’inspection.


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